Un dirigeant marié sous le régime légal (communauté réduite aux acquêts) qui a créé son entreprise pendant le mariage se retrouve, en cas de divorce, avec un bien commun à partager. Le conjoint a droit à la moitié de la valeur de l'entreprise — même s'il n'y a jamais travaillé. Sur une PME valorisée 2,4 M€, la soulte à verser pour conserver les titres peut dépasser 1,2 M€.
À cette somme s'ajoute souvent une prestation compensatoire, calculée sur la base des revenus du dirigeant, de son patrimoine et de la durée du mariage. Le juge tient compte de la valeur de l'entreprise dans le calcul — ce qui crée un effet de double peine : le dirigeant paie pour les titres qu'il conserve et pour la disparité de revenus que ces titres génèrent.
Ce risque n'est pas marginal. Près d'un mariage sur deux se termine par un divorce. Et pour un dirigeant dont 85 % du patrimoine est dans l'entreprise, le divorce peut entraîner la vente forcée de l'outil professionnel.